J'habite
au plus fissuré des lézardes,
au lamento du violoncelle,
en Antigone l'emmurée,
en la vierge folie d'Ophélie,
en toute âme désespérée.
J'habite
à l'oeil paniqué du cheval,
au ventre enflé de la famine
en écorchés, en sinistrés,
en corridas, en diaspora,
en toute souffrance infligée.
J'habite
à la main glacée du mendiant,
aux gercures de l'exclusion,
en tous calvaires, en rouges guerres,
en miradors, en camps de morts,
en toute existence arrachée.
J'habite
au plus sanglant des cauchemars,
au vif tranché de l'animal,
en désespoir, en abattoirs
en condamnés, en torturés,
en toute vie décapitée.
C. M Douceurs/Douleurs
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