
à E et J.L.
Des éclats ardoisés
confirment le passage
hélas vite passé
d'âmes en beau partage.
Avant de vous "connaître"
j'avais senti l'échange
avec toi, Maître en mètre
et toi, Dame au coeur d'ange.
Ce n'est plus virtuel
nous sommes en accord
La rencontre est réelle
et aura lieu encore.
Je vous ai avoué
être plutôt sauvage :
je vais à l'amitié
moins souvent qu'en voyage.
Le vôtre est achevé
vous repartez chez vous
Mes amis nouveaux-nés
au prochain rendez-vous
il fera bon parler
en votre Fin des Terres
de ce qu'une soirée
nous a forcé à taire.
Aujourd'hui, pour le plaisir du partage, j'aimerais que chacun des voyageurs en "Musique des Mots" dépose ici une ou deux phrases qui lui
semble(nt) magique(s) ... poésie ou prose bien sûr
Le choix sera dur je suppose, en tout cas il l'est pour moi, j'ai tant et tant d'émerveillements qui chantent si fort en moi .... en
voici une infime partie
"Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres
Fermentent les rousseurs amères de l'amour"
RIMBAUD
" Les anges qui me visitent portent une robe de nuage à l'ourlet décousu et des souliers de
pissenlit"
BOBIN
C'est quoi, ça ?

Chat se mange ?
Non, mais chat se boit !
En clin d'oeil à Maria...
"De quelle utilité serait une poésie qui ne nous aiderait pas à vivre ? A vivre pleinement, au cœur du quotidien, en relation avec le
monde qui nous entoure et qui nous habite ? Trop nombreux sont encore ceux qui pensent que la poésie est affaire de rêveurs ou d’idéalistes, voire de purs explorateurs du
langage.
Face à ces croyances tenaces, l’œuvre de Supervielle s’impose comme un témoignage unique de la vie concrète – physique ou psychique- d’un
homme qui chercha avant tout, en dehors des dogmes et des sentiers battus, à se mettre en relation avec lui-même, avec autrui et avec l’univers.
Dans cet esprit, les acteurs du colloque, qui se tiendra les vendredi 1er et samedi 2 février 2008, chercheront à éclairer ce qui peut
nous être utile ou nécessaire dans cette œuvre exceptionnelle et pourtant méconnue : le sens du cosmos, le rapport du temps, le goût du lien, la posture singulière du poète et de l’artiste dans
ce monde, l’exploration de l’univers intérieur et le questionnement sur l’identité individuelle."
Sabine Dewulf
Un extrait de "L'enfant de la haute mer"
"Comment s'était formée cette rue flottante ? Quels marins, avec l'aide de quels architectes, l'avaient construite dans le haut
Atlantique à la surface de la mer, au-dessus d'un gouffre de six mille mètres? Cette longue rue aux maisons de briques rouges si décolorées qu'elles prenaient une teinte gris-de-France, ces toits
d'ardoise,de tuile, ces humbles boutiques immuables? Et ce clocher très ajouré? Et ceci qui ne contenait que de l'eau marine et voulait sans doute être un jardin clos de murs, garni de tessons de
bouteilles, par-dessus lesquels sautait parfois un poisson? ..."
Jules Supervielle
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