Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 08:54

 

J'ai enlacé le soir

Ton prénom
lentement épelé
a courbe de la tendresse

Au plus noir de tes cheveux
le bonheur devient crédible
Au plus clair de tes aveux
le chagrin est une ellipse

J'ai enlacé l'espoir

et l'ai vu foisonner
comme ces fougères d'enfance
à pleines brassées
vertes.


C.M. "Tesselles" 1997 

 

Par Colette - Publié dans : Mes recueils publiés
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 18:29

Jardin épuré comme ciel d'enfance

comme caresse d'âme

comme sourire d'eau

 

Hélas, ta main amie

ne rassure plus

les chemins empierrés d'incertitude.

 

C.M. 2011

 

Par Colette - Publié dans : Frag/mots et Inédits (déposés)
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 08:46

 

 

Plus se rapproche de minuit

l'horloge de l'apocalypse,

plus il nous faut

 

semer le chant

jusqu’à la danse

 

voir au couchant

 poindre l’enfance

 

voler au vent

sa folle errance

 

rincer le temps

de la souffrance

 

voir au cadran

la renaissance

 

semer le chant

jusqu’au silence.

 

C.M. "Saisons de Soie"

 2009  Editions "Chemins de Plume"

 

Par Colette - Publié dans : Mes recueils publiés
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 08:50

 

Ces mots vers nous

pour recréer d'autres cieux,

refleurir les couleurs passées,

faire s'envoler l'espoir

vers le plus haut du vent.

 

Ces mains vers nous,

ces mains, entre nous tendues comme des soleils,

pour tisser des fils ténus 

 mais solides de la force du simple,

pour faire voyager l'âme

vers le plus clair des âmes.

 

 

C.M.   07/05/2012


 


Par Colette - Publié dans : Frag/mots et Inédits (déposés)
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Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 11:49

 

SDC14441.JPG

 

Le vent bouscule les couleurs

ultramarine l'horizon

souffle des courants bleu-acier et blanc-turquoise

 

La vie éclabousse les yeux d'une âpre beauté

qui bat fort et  fouette le coeur

de hautes écumes.

 

 

C.M. 04/2012

Par Colette - Publié dans : Frag/mots et Inédits (déposés)
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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 17:36

 

 

L'esquif d'aube fragile 

cueille toutes lumières

comme couve le feu

au plus simple des fleurs.

 

C.M. 2012

Par Colette - Publié dans : Frag/mots et Inédits (déposés)
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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 16:26

Merci à la Dame d'Iroise, Danièle, de m'avoir rappelé un si beau moment de littérature et de vie, récemment partagées sur un bord de mer ... breton bien sûr !
L'ILE  DES  MORTS  MARINS
 
Il ne faut pas toucher à la carcasse d'une barque dont la mer s'est nourrie comme d'un fruit de choix avant d'en recracher l'écale trop dure. Passez au large de la carène morte au lit mort du sable, débris d'anatomie sèche, flancs rompus et disjoints qui élèvent au ciel, à lignes tragiques, la face même du naufrage. On doit laisser la vague après la vague avaler ce reste et le ramener, pièce à pièce, au port secret des côtes sous-marines où le feu maître du navire attend son bien.
 
Dans les profondeurs de la mer, sous la muraille de l'eau vivante, il est un havre de grâce ; et le pêcheur, boussole perdue, barque éventrée sur la dent du récif, quand il coule au fond, docile au jeu des courants et les yeux ouverts, regarde se lever l'image d'un grand port dans les profondeurs de la mer.
 
Et il coule toujours vers la ville inférieure qui lui lance l'appel de ses cloches confuses, il navigue nonchalamment comme un grand poisson souple, ses cheveux de goémon noir palpitant à l'entour de son front, il éveille son visage mort à la caresse d'une lumière inconnue qui monte des abîmes et il coule toujours.
 
Plus vivant que jamais, le voilà debout sur le musoir d'un port de pêche : blancheur laiteuse de la chaux sur les maisons basses, rumeur assourdie des mots bretons dans une foule de rudes hommes tout à fait pareils aux pêcheurs de sa race, mais pas d'oiseaux criards, pas de femmes sur les seuils à jouer du crochet, ni autour des filets bleus ou bruns que les gars ramendent assis, genoux ouverts, plus vivants que jamais.
 
Tous les marins du port fantôme sont les noyés des naufrages armoricains qui s'affairent à calfater les esquifs démembrés de leur dernière navigation mortelle. Et certains attendent toujours que revienne vers eux le "grand débris" du chalutier, du malamok, de la pinasse, échoué en grève sous le ciel, pour y remettre le gréement et pour que trouve embarquement chaque marin du port fantôme.
 
Quand viendra la jour, on ne sait quand, la voile mise au haut du mât, le gouvernail ferme tenu aux mains des anciens pilotes, toutes ces étraves tiendront le cap sur l'escale éternelle de l'ouest, où le corps-mort les attend au bassin d'une île verte ; et c'est là qu'elles seront enfin désarmées, une fois pour toutes et à jamais, quand viendra le jour.
 
Il faut laisser les grandes épaves retourner au rendez-vous.
 
                                                                                                                            P.J. Hélias ( extrait de Légendes de la mer )

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